Cirque : langage universel
Trente ans après sa naissance, le «nouveau cirque» est toujours français et cela se sait à travers le monde. Les trapézistes des Arts sauts se produisent sur tous les continents, Zingaro fait un tabac au Japon et un jongleur comme Jérôme Thomas s'impose même à New York.

Le nouveau cirque est bien le domaine du spectacle vivant où les artistes français ont acquis une place de référence à l'étranger. Et ce n'est pas tout, les compagnies de théâtre de rue ont vite suivi, Royal de Luxe en tête. On se souvient de l'opération Cargo 92, une rue française exportée dans les cales d'un navire avec ses boutiques et ses cafés, un condensé de notre culture populaire, sans chichis ni effets spéciaux. Les Américains du Sud avaient adoré.

Derrière ce succès se cachent des raisons a priori très terre à terre. Les artistes de cirque et de rue proposent des spectacles visuels, sans la barrière de la langue, donc accessibles à un très large public. A cela il faut ajouter, pour les arts de la rue, un savoir-faire indéniable pour aller à la rencontre des spectateurs.

Reste le nerf de la guerre : l'argent. L'Afaa, l'Action française d'action artistique, a permis à bien des compagnies de s'exporter grâce à des subventions, de les lancer dans le circuit avant qu'elles ne se débrouillent seules. Elle tente désormais d'imposer aussi la marionnette française à l'étranger. Au sein de l'association Hors les murs, qui est le centre de ressources attitré sur ces disciplines, on note aussi un attrait prononcé des étrangers pour les spectacles qui mêlent les disciplines, un domaine de prédilection pour les artistes français.

Aujourd'hui, on constate que les plus jeunes compagnies marchent sur les traces de leurs prestigieux aînés. Des artistes récemment sortis de l'école de cirque de Châlons, comme Camille Boitel ou les circassiens du collectif AOC, courent les festivals internationaux. Ils trouvent ainsi un excellent moyen de pallier l'étroitesse du marché national.
Source : Le Figaro