Simon Heulle, « l’incroyable talent »
Le 10 décembre, la vie de Simon Heulle bascule : le Lommois de 23 ans remporte la finale de l’émission de M6 « La France a un incroyable talent » grâce à son numéro de mât chinois. Depuis, le chouchou des téléspectateurs, entré à l’école du cirque de Lomme à 16 ans après avoir arrêté l’école, enchaîne les contrats.

Forcément, ces deux minutes trente là étaient soignées dans les moindres détails. Pour séduire le jury et surtout, les téléspectateurs – pour la finale, les douze favoris sont départagés par SMS –, Simon Heulle avait pensé à la musique qui accompagnerait l’enchaînement des figures sur cet incroyable mât tournoyant au-dessus de la scène. Une sorte de slam où il déclame un texte de Robert Lamoureux, Le Dernier de la classe. La touchante fêlure qui manquait à la perfection des gestes, à la totale maîtrise du corps, à la technicité du numéro.

Il a dû prendre un agent

Après la victoire, les cent mille euros et le contrat pour le festival de Montréal, surprise ! Simon Heulle remporte une deuxième victoire sept jours plus tard, face aux gagnants des années précédentes.

Depuis, tout s’est enchaîné. "J’avais déjà des engagements pour des spectacles au Luxembourg, en Bretagne…" Le prochain ?" Le cirque Pinder, à Paris." Cette semaine, dit-il. Quel jour ? "Je ne sais plus. Depuis que j’ai gagné l’émission, je ne gère même plus mon planning, j’ai dû prendre un agent car je n’ai plus le temps de répondre aux appels, aux mails…"



Il n’a pas eu le temps de revenir à l’école de cirque de Lomme, qu’il a quittée en 2011 après trois ans de formation, mais où il s’entraîne toujours. "Ce qui a changé, c’est qu’avant, j’avais un ou deux spectacles par mois ; maintenant, c’est tous les jours !" L’enthousiasme du public, à son entrée en piste, est aussi une des choses de sa vie que l’émission a changée.

Théâtres et compagnies rêvées.

Simon Heulle n’a cessé de répéter qu’il ne s’attendait pas à gagner le concours de M6, parce que circassien. "Jusqu’à aujourd’hui, je m’étais toujours dit que même si j’étais le meilleur en cirque, je passerai mon temps à faire des acrobaties derrière un chanteur, par exemple", nous confiait-il mi-décembre.

Quand il s’est mis au pole dance, il y a un an, Pascal Croain, l’un des deux directeurs de l’école du cirque de Lomme lui avait alors conseillé de ne pas lâcher le mât chinois, que lui a enseigné Heng Wianj Tian, arrivé de Chine en 2004. Bon conseil. "Ma victoire m’a permis d’être contacté par des théâtres, des compagnies avec lesquelles j’avais envie de travailler", explique Simon Heulle.

La tête dans le guidon, il n’oublie pas Lomme. Des envies de numéros ? "J’ai réalisé une vidéo, Winter, dans le parc urbain à côté de l’école, sous la neige. Je voudrais bien tourner les trois autres saisons ; c’est vraiment le genre de projet qui me fait du bien"

Source : La Voix du Nord