Le Cirque du Soleil cherche un nouvel élan
Après avoir brillé au firmament, le Cirque du Soleil a vécu en 2013 une saignée beaucoup plus profonde que les 400 pertes d'emplois déclarées. À l'aube de ses 30 ans, une nouvelle mue se dessine pour la compagnie qui a "réinventé le cirque" et transformé l'industrie québécoise du spectacle.



Le 16 janvier 2013, une première éclipse majeure s'abat sur le Cirque du Soleil. La compagnie à succès, qui a fermé six de ses plus récentes productions à l'étranger, est heurtée de plein fouet. L'atmosphère est à couper au couteau au siège social du CDS, où sont convoqués les employés pour l'annonce de la mise à pied de 400 à 600 personnes.

Mais en fait, la blessure est beaucoup plus profonde. En trois ans, l'entreprise, qui comptait 5000 employés, s'est délestée d'environ 1000 employés permanents à travers le monde, confirme aujourd'hui le Cirque. Pour la deuxième fois de son histoire, le premier de classe qui a réinventé le cirque doit se réinventer lui-même.

Le Cirque du Soleil commence aujourd'hui à lever le voile sur une partie de ce passage à vide et concède que son avenir pourrait se trouver bien ailleurs qu'en piste de cirque. <<On est rendu à l'étape de dire "qu'est-ce qu'on a réussi ? Comment mettre cela à profit pour les 30 prochaines années, sans rester ce que nous avons toujours été, en restant collés sur notre volonté de créer ?">>, a fait valoir cette semaine Renée-Claude Ménard, directrice des affaire publiques du CDS.

La liste de paye du Cirque ne compte plus que 4000 employés salariés permanents, dont 1500 à son siège social de Montréal, confirme-t-elle. La perte des contractuels ne fait pas partie du décompte. "Dans notre démarche d'efficience, beaucoup de contrats n'ont pas été renouvelés, mais c'est difficile à évaluer. On est passé de trois productions par année à une seule", ajoute-t-elle.

Depuis 2010, la fermeture de cinq spectacles permanents et de tournées en Amérique et en Asie (Banana Shpeel, ZED, ZAIA, Viva Elvis, IRIS) a ralenti le parcours de comète du CDS. Le choc de la réalité a fait mal, très mal. L'avenir du Cirque se trouve-t-il encore dans la création de spectacles ? L'entreprise doit "développer de nouvelles formes de divertissements où le cirque ne sera pas le seul produit", insiste la porte-parole. Amorcée en douce à la fin des années 2000, la diversification s'accélère à la vitesse grand V au sein de l'entreprise.

En plus de l'alliance conclue avec Belle pour produire des contenus multiplateformes, le CDS a acquis 20 % de la compagnie de pub Sid Lee pour investir le lucratif marché de la "promotion événementielle". L'entente annoncée cette semaine avec Scoot Zeiger, magnat new-yorkais de l'entertainment, pour créer une nouvelle division "Broadway" basée à New York confirme que le CDS scrute de nouveaux marchés et arrive à un point crucial de sa mirobolante histoire.

Si un noyau de hauts dirigeants entérine ce virage préconisé par le chef de la direction, Daniel Lamarre, plusieurs ex-cadres et employés consultés par Le Devoir estiment que le Cirque du Soleil "a perdu son noyau créatif".

Plus qu'un dur moment à passer, l'opération de mises à pied destinée à assainir les finances du géant de la piste, intitulée REVAMP, alimente plus que jamais les rumeurs de vente de la compagnie, indiquent plusieurs sources contactées par le Devoir.

"C'est plus que plausible. Sans vendre toute la compagnie, la filière des shows permanents à Las Vegas, qui est la plus lucrative, serait très vendable", affirme un ex-cadre du CDS, corroboré par d'autres.

Plausible ?"Non, pas du tout !,réfute Renée-Claude Ménard. Ce n'est pour pas rendre l'entreprise vendable, c'est pour assurer la pérennité de l'entreprise. Le Cirque n'est pas à vendre. À moins que Guy se lève demain et change d'idée. Quand on fait une démarche de réorganisation, tout le monde y va de sa perception. C'est tout à fait légitime qu'il y ait de l'insécurité, commente la porte-parole. On a travaillé fort et dans quelques semaines (au printemps), on sera en mesure de dire quelle est (notre) vision pour les 30 prochaines années."


Source : Le Devoir




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