Le cirque Aïtal: Nous avons une belle vie !
Vous formez avec Kati Pikkarainen un vrai duo de cirque, à la scène, à la ville, d’où le nom de votre spectacle ?

Oui je ne suis pas marié mais je crois que c’est cela que l’on dit (rires). Nous nous sommes rencontrés au Centre national des Arts du Cirque. Kati est Finlandaise formée dans une petite école de cirque puis lors de camps avec des professeurs russes donc très portés sur l’acrobatie. Moi, j’ai commencé au contraire le cirque très tard, j’avais déjà 19 ans mais un passé de sportif, j’ai donc dû acquérir l’artistique.

Ce spectacle est le second, le premier a tourné durant cinq ans, nous aimons prendre notre temps, on ne crée pas un spectacle chaque année, car nous avons envie qu’il soit vu et tant qu’il y a des demandes et que le spectacle nous plaît, on le conserve. Pour le meilleur et pour le pire tourne depuis deux ans mais nous avons d’autres idées de création.



Y serez-vous encore en duo ?

Non probablement pas, c’est très exigeant physiquement et nécessite beaucoup de concentration. Ce spectacle est né de l’envie de se retrouver tous les deux avec des disciplines aussi différentes que le cirque, la danse et le théâtre et puis très important, un troisième personnage : la voiture.

Une voiture qui est au centre de la piste. La musique sort d’ailleurs de son autoradio. C’est une idée qui nous plaisait beaucoup et nous avons travaillé avec Helmut Nünning qui a composé la partition musicale. Vous savez, nous roulons beaucoup pour nous déplacer de ville en ville pour jouer et on écoute tout le temps la radio, on tourne le bouton pour mettre le son plus fort lorsque l’on entend une musique qui nous plaît ou nous rappelle des souvenirs.

Vous jouez de vos physiques différents et de votre histoire, n’est-ce pas ?

Oui, je mesure 1,87 m et Kati : 1,57 m, je suis plutôt costaud et elle, une voltigeuse toute fine. Nous sommes dans des choses qui se contredisent, cela crée le jeu dans le spectacle. Cela crée aussi des passerelles, entre le sud de la France d’où je viens et la Finlande.

Le cirque est très présent évidemment dans ce spectacle avec du main à main, je suis le porteur évidemment ! Le spectacle transpire le cirque mais aussi l’émotion, les gens rient à gorge déployée et passent du rire presque aux larmes. C’est cela notre meilleure récompense, que le chapiteau soit plein et qu’ensuite les spectateurs soient debout à la fin.


Kati Pikkarainen


Vous avez dit dans une interview vouloir faire du vrai cirque, qu’est-ce que cela signifie ?

Je voulais plutôt dire faire un nouveau cirque sans pourtant opposer cirque traditionnel et cirque contemporain. Nous avons fait le choix du chapiteau plutôt que d’une salle, d’un jeu à 360° et d’une vie itinérante. Une vie particulière qui nous plaît beaucoup qui signifie ne jamais être longtemps dans la même ville, passer plus de neuf mois de l’année en tournée, c’est notre vie et notre équilibre.

À quoi ressemble la journée d’un artiste de cirque ?

Si nous venons d’arriver dans une ville nouvelle, nous faisons un filage du spectacle pour voir si la lumière fonctionne, vérifier le son et les placements. Le lendemain, nous répétons encore, on se repose l’après-midi et on joue le soir.

Il faut aussi entretenir l’infrastructure mais c’est une belle vie.

Source : Le Journal de Saône et Loire