Les finissants de l’École nationale de cirque
L’abri comporte un impressionnant numéro de main à main imaginé et performé par le Monégasque Nicolas Jelmoni et l’Ontarienne Charlotte O’Sullivan, un duo qui s’apprête à partir pour Broadway.

«On forme un duo depuis la deuxième année. On s’est choisis», explique le premier. «La complicité découle de la confiance qu’on se porte. On a nos petits codes en cas d’imprévus», poursuit la seconde. En parfaite adéquation, le porteur et la voltigeuse offrent un pas de deux vertigineux qui donne vraiment le frisson.

L’abri et La matrice de Morphée
À la Tohu, du 27 mai au 8 juin.



Au moment où leurs pairs des établissements d’enseignement secondaire choisissent leurs tenues de bal de fin d’études, les finissants de l’École nationale de cirque s’apprêtent, eux, à enfiler leurs costumes de scène. Du 27 mai au 8 juin, en effet, la Tohu accueillera les deux traditionnels spectacles de fin d’année des jeunes artistes. Ils seront alors une trentaine à faire la démonstration de leur savoir-faire. Le Devoir a eu droit à un aperçu.

Mis en scène par Gioconda Barbuto, L’abri se veut une exploration de l’espace transitif entre le passé et le futur, ce présent en perpétuel mouvement à l’intérieur duquel la jeunesse opère la transition entre, oui, l’école et l’après. Érigé au fond de la scène circulaire, l’abri du titre représente ledit établissement duquel émergent des artistes désormais professionnels.

« Je voulais jouer avec cette métaphore, confirme Gioconda Barbuto, chorégraphe au Nederlands Dans Theater et ancienne soliste aux Grands Ballets canadiens. Il faut aussi savoir que chaque finissant a créé et peaufiné un numéro durant sa formation, et le spectacle se construit avec ces numéros. Cela dit, je leur ai proposé une nouvelle musique en leur demandant ce que ça leur inspirait. On a bâti là-dessus, en tenant compte non seulement de ce qu’ils font, mais aussi de ce qu’ils sont. »

Entre des airs de Phillip Glass qui fusionnent soudain avec une partition industrielle, la cohorte circassienne évolue en meute qui cherche quelle direction prendre, puis se fractionne en individus qui s’élèvent en prenant appui sur l’abri, cette école qui leur aura servi de base autant que de tremplin.

Donner corps au rêve

La matrice de Morphée, le second opus étudiant, est quant à lui mis en scène par Michael Watts. Privilégiant une approche plus symbolique, avec force allusions mythologiques, La matrice de Morphée, comme le suggère son titre, s’apparente davantage à une fantasmagorie onirique débridée, avec Adam et Ève formant un très sensuel duo trapèze. En contrebas s’ébattent un faune et une licorne.

« Il s’agit là encore de tenir compte des spécialités des artistes et de les intégrer à mon propre imaginaire, à mes propres préoccupations, explique Michael Watts, longtemps danseur dans la troupe du chorégraphe Dave Saint-Pierre. J’essaie de concilier tout ça dans un récit, un fil narratif. C’est ce qui donne son âme au spectacle. »

La matrice de Morphéepourra compter sur le talent de quinze finissants de l’École nationale de cirque et L’abri, sur celui de seize autres.



Source : Le Devoir