Starlight revisite le cirque
Sous le chapiteau du Cirque Starlight, un groupe d’explorateurs erre apparemment sans but, croisant des touristes égarées et une drôle de tribu à la recherche d’un mystérieux sommet. Le décor est posé, le ton est donné: Vue d’ailleurs, le nouveau spectacle de la troupe basée à Porrentruy, ressemble à une invitation au voyage.

Dans cet univers irréel, l’imaginaire côtoie le rêve. Acrobatie, art clownesque, mât chinois, cerceau aérien, trapèze-jonglage, danse, théâtre et ombres chinoises se mélangent au cours d’un show à appréhender comme une aventure fantastique. A découvrir dès vendredi sur la plaine de Plainpalais.

«Vue d’ailleurs invite le public dans un endroit presque inconnu mais reconnaissable malgré tout, qui fait songer aux pays nordiques», explique Emiliano Sanchez Alessi, le metteur en scène du spectacle. «Le fil rouge, c’est une sorte d’enquête, à la recherche d’un point de vue particulier permettant de regarder le monde autrement. On raconte une véritable histoire avec des personnages hors du commun, à l’image des neuf acrobates en provenance d’Oulan Bator, en Mongolie.»


Jessica Gasser au cerceau. La jeune trapéziste, fille des fondateurs du Cirque Starlight, brille dans «Vue d’ailleurs», un show qui invite les spectateurs dans un univers faisant songer aux pays nordiques.

Loin du cirque traditionnel, Starlight aime ainsi s’inscrire dans un courant contemporain qui revisite ses classiques en y injectant une solide dose d’inventivité. «On a été parmi les premiers en Suisse à proposer des spectacles à thème, qui se sont transformés en vraies créations», précise Jocelyne Gasser.

Avec son mari Heinrich, elle a fondé en 1987 un cirque qui ressemble aujourd’hui à une petite entreprise. Au total, Starlight emploie 45 personnes, parmi lesquelles un metteur en scène, un décorateur, un compositeur musical chargé de la bande-son et trois costumières.

Depuis 2002, sous l’impulsion de Johnny Gasser, le fils aîné de la cinquième génération, les numéros traditionnels enchaînant animaux, clowns blancs et autres Auguste ont été abandonnés au profit de prestations originales à l’esthétique singulière.

On se souvient d’Entresort, en 2013, où contorsion, équilibrisme et poésie se conjuguaient dans une chorégraphie du plus bel effet. L’an dernier, à l’enseigne d’Octavius, Starlight embarquait à bord d’un pseudo-bateau pour un périple acrobatique et musical, le pont supérieur du rafiot servant de tremplin d’où de jeunes artistes s’élançaient avec des cordes et des tissus.

«Les spectateurs apprécient le côté inédit du Cirque Starlight», note encore Jocelyne Gasser. Un sondage effectué sur place indique que le public plébiscite également l’accueil, toujours chaleureux, de même que la proximité avec les artistes de la troupe, disponibles après le spectacle.

Cirque Starlight, jusqu'au 18 avril 2015, plaine de Plainpalais. Infos: www.cirquestarlight.ch (TDG)
Source : Tribune de Genève