Revue de presse
  • Ni sport-études ni filière pro, le bac option Cirque est surtout un "bac agréable" [AFP]
================ARTICLE=================

CHÂTELLERAULT (Vienne), 28 sept 2007 (AFP) - Bac Littéraire, option "Arts du cirque": le lycée Marcelin-Berthelot de Châtellerault est le seul établissement en France à proposer cette filière qui n'est ni une formation professionnelle préparant directement à un métier, ni un sport-études, mais avant tout un bac, qui plus est "agréable".

"On n'est pas là que pour former des artistes de cirque, on est là aussi pour les amener au bac", résume Fabrice Berthet, responsable pédagogique de cette option, mise en place avec l'Ecole nationale du cirque de Châtellerault. "Ce n'est pas non plus un sport-études où on impose plus de 20 heures de sport par semaine en exigeant du rendement".

"Un bac agréable !". C'est ainsi que Fanny, élève de terminale, voyait ce bac L option "Arts du Cirque". Plutôt sportive, elle avait fait deux stages dans des écoles de cirque, aimait le spectacle. Désormais spécialisée dans le trapèze, elle veut continuer et prépare les concours de plusieurs écoles supérieures.

Proviseur du lycée Marcelin-Berthelot, Jacky Courtois estime que pour environ 1 élève sur 5, cette filière "a été un moyen d'avoir un baccalauréat dans des conditions classiques". Les autres, "75 à 80%", poursuivent des études supérieures dans le cirque, souvent dans des écoles à l'étranger, Montréal, Moscou, Bruxelles.

"L'idée de ce bac, c'est de ne pas envoyer les élèves dans un mur. Ne pas leur proposer seulement du cirque et rien d'autre", renchérit Roser Segura, codirectrice de l'école du cirque.



Et s'ils apprennent à jongler, voltiger d'un trapèze à un autre, ces élèves doivent aussi apprendre "l'humilité", explique-t-elle. Si plus tard, ils poursuivent dans la voie du cirque, il leur en faudra "pour vivre en collectivité pendant une tournée qui peut durer 7 mois, avec à chaque étape un chapiteau à monter, à démonter".

"Arts du cirque" est une option dite lourde: coefficient 6 au bac (entre le français coef 5 et la philo coef 7) et une note qui compte même si elle est en dessous de la moyenne, contrairement à la plupart des options pour lesquelles ne comptent que les points au-dessus de 10.

Chaque élève doit présenter devant un jury un numéro qui compte pour la moitié de la note du bac. L'autre moitié est le résultat d'un examen écrit "Art et culture" où il faut soit travailler sur un texte, soit imaginer un spectacle.

Et l'option affiche un taux de réussite conforme à la moyenne nationale, avec une fierté pour le proviseur: quatre mentions Bien au bac 2007.

Preuve pour ce responsable que ces élèves sont "comme les autres" même s'ils "ont parfois un rapport à la discipline qui est un peu difficile". "On note parfois un peu plus d'inattention", confirme Arnaud Lacroix, l'un des profs du lycée. Surtout quand ils doivent rester "à une table assis".

Ces élèves n'ont pas toujours eu bonne réputation auprès des enseignants, celle "d'être un peu plus artistes que scolaires", poursuit le proviseur avant de nuancer en précisant que "depuis 3 ou 4 ans ce n'est plus le cas (...) Les professeurs maintenant demandent ces classes-là, ce qui veut tout dire".

Pour suivre cette filière, une sélection est organisée par le lycée et l'école du cirque avant l'entrée en seconde. Sont pris en compte les notes de 3e et de 4e, un entretien avec le jeune et un après-midi d'acrobaties, de danse, de jeu d'acteur... Une soixantaine de candidats par année pour 18 places
Source : AFP / Christian Hamel