Le roi Dralion drague la côte belge
Le Cirque du Soleil pose sa tente pour un mois à Ostende. L'an dernier, Saltimbanco avait séduit 115.000 personnes. Au tour de Dralion de draguer la côte belge. Le succès est garanti d'avance.


Planté à deux pas du Fort Napoléon, le majestueux chapiteau blanc du célébrissime Cirque du Soleil règne sur Ostende. En maître : 3,5 millions de personnes ont vu la fable métissée « Dralion », depuis sa création en 1999. Dont plus de 150.000 Belges l'été dernier à Anvers. Pas de raison donc que le succès se tarisse. Aux abords du « big top », les spectateurs semblent d'ailleurs déjà acquis : J'ai déjà vu plusieurs de leurs spectacles, raconte Jan, 28 ans, casquetté « Cirque du Soleil ». C'est toujours extraordinaire. Du vrai spectacle. Du show à l'état pur.

Show. Le mot est sur toutes les lèvres. Et l'entrée du chapiteau en a toutes les allures. Tasses, masques, DVD et B.O. des spectacles... Une foule de produits dérivés colorent les stands et font les yeux doux aux enfants conquis par l'odeur du pop-corn.

Depuis sa création, il y a un peu plus de vingt ans, le Cirque du Soleil est devenu une énorme entreprise artistique. Au début, l'équipe comptait 73 personnes. Elle en compte aujourd'hui 3.000, dont 700 artistes qui font le tour du monde dans un des six spectacles en tournée permanente. Ou à Las Vegas et Walt Disney World Floride, hôtes permanents du cirque québécois. La recette du succès ? Pas d'animaux. Mais une profusion de numéros acrobatiques et de clowneries plus époustouflants les uns que les autres, rythmés par un orchestre et des chanteurs efficaces. Le tout rehaussé de costumes et de décors un brin tape-à-l'oeil. Une artillerie d'arguments de séduction. Franche et directe. On a le souffle coupé durant toute la durée du spectacle, résume un groupe de quinquas bruxellois, devenus fans avec « Saltimbanco ». On ne respire que sur la route du retour à Bruxelles, sourient-ils.

Dans « Dralion », on vérifie mot pour mot ces considérations d'habitués. Mis à part les numéros de clown qui viennent ponctuer les deux heures de représentation, on est décoiffé par la succession incessante des performances propulsées par l'orchestre à coups de décibels world. Au risque, parfois, de chercher de l'air au milieu de cette surenchère sonore et visuelle. Mais le public adore. Siffle (de bon coeur). Standing ovation réglementaire. Et s'en va heureux.

Et les artistes, heureux aussi ? A 26 ans, Aurore est une des 62 membres qui forment la troupe de « Dralion ». Elle vient de l'intégrer pour un nouveau numéro de trampoline. J'ai arrêté la compétition de trampoline en 2003, confie-t-elle, après le spectacle, le visage encore grimé. Le Cirque du Soleil, qui écume les concours, m'avait déjà repérée. Quand ils ont appris que j'arrêtais, ils ont fait appel à moi. C'est une chance : ils m'offrent une deuxième carrière. Depuis bientôt un an, la Française parcourt l'Europe avec une trentaine d'acrobates chinois, une danseuse ivoirienne, un jongleur ukrainien... En tout, 11 drapeaux différents flottent sur la scène. Ce cosmopolitisme est génial, pense Aurore. Si on le désire, le cirque organise des cours de chinois pour mieux communiquer. J'ai vraiment l'impression d'avoir trouvé une famille accueillante pour les deux prochaines années. Je suis en train de vivre ma plus belle aventure humaine. A partager sous le chapiteau.


Très bientot sur Aucirque le reportage photos de "Dralion" à Ostende! Soyez attentif...


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"Dralion" à Ostende


Source : Sébastien Bernard