Article du Dauphiné Libéré sur Susan Lacey
Aujourd'hui, le Dauphiné Libéré a une nouvelle fois offert à ses lecteurs savoyards deux articles sur le cirque Medrano, ci-dessous nous vous proposons de découvrir le premier, une interview de Susan Lacey, la tête d'affiche du spectacle 2005.

"Rencontre avec Susan Lacey"



Susan Lacey et ses tigres blancs : une complicité certaine.


Entourée de 14 tigres blancs, Susan Lacey présente chaque soir un numéro extraordinaire. C'est la seule femme au monde à réunir ces félins au pelage clair et rayures noires qui, contrairement à une idée reçue, ne sont pas albinos. Rencontre avec cette sympathique éducatrice.

Vous êtes une enfant de la balle, née au cirque ? Quel est votre itinéraire ?
« Je suis anglaise et j'ai 50 ans. J'ai toujours vécu avec les animaux, ma famille avait une ferme en Grande-Bretagne. J'ai épousé ensuite un dresseur britannique, j'ai trois fils dont deux présentent les meilleurs numéros de fauves d'Europe, J'ai travaillé pendant plus de quinze ans aux États-Unis, c'est là que j'ai notamment élevé les tigres blancs que je présente dans mon numéro au cours de cette tournée du cirque Medrano ».

Un numéro de tigres blancs, c'est extrêmement rare ! Un hasard, ou un choix ?
« Plutôt une opportunité. M. Cunéo, propriétaire des tigres, recherchait quelqu'un pour s'en occuper. Compte tenu de mes expériences et de mes compétences, j'ai accepté. Ces félins, je l'ai ai élevés, ils ont de deux à cinq ans. Contrairement à certains numéros de fauves qui sont souvent menés sur un rythme accéléré, il s'agit là d'un numéro beaucoup plus doux, une relation beaucoup plus féminine avec les félins ».

Beaucoup de travail et de patience, j'imagine ?
« Ce n'est pas à proprement parler du travail, c'est vivre avec les animaux. Je suis en permanence avec eux, ma caravane est toujours située près des félins ; dans l'après-midi je prends mon café dans mon transat, face à eux. Les félins dorment 21 heures par jour, les trois heures durant lesquelles ils sont éveillés, il faut s'en occuper. Dans la nature, c'est la chasse ; au cirque, c'est une relation entre l'homme (ou la femme) et l'animal. Même si je suis consciente du caractère dangereux de ce numéro, je n'ai pas peur, l'important est de gérer les situations de conflit entre les animaux eux-mêmes, l'autorité s'impose. C'est comme dans une famille ».



Des fauves en cage. Les défenseurs des animaux s'insurgent de leur « utilisation » dans les cirques. Qu'en pensez-vous ?
« Cela a toujours existé, mais c'est une minorité, Je respecte l'opinion de chacun, mais je reste convaincue que ce que je fais c'est bien, correct, j'ai une relation privilégiée avec mes animaux, je suis persuadée qu'ils sont bien avec moi. Il y a peut-être des excès, des abus, mais c'est valable dans tous les domaines ».

Dompteur, dresseur, « éducatrice » préfère dire Raoul Gibault, le directeur... mais vous n'en êtes pas moins femme. Quels sont vos autres pôles d'intérêt ?
« Nous restons trois jours à Albertville, mon plus grand plaisir c'est de prendre mon vélo et faire le marché, découvrir la ville, les produits français... Apprendre aussi la langue. Malgré tout, ma plus grande satisfaction c'est de rester près de mes tigres. Certes, c'est une emprise sur la vie familiale. Mais je suis heureuse. Comme une fermière ».

Propos recueillis par Lucien DURAND
Source : le Dauphiné Libéré 26/07/2005