Les années parisiennes de Calder au Centre Pompidou
les premières sculptures de Calder, célèbre pour ses "mobiles", font l'objet d'une exposition réjouissante au Centre Pompidou à Paris jusqu'au 20 juillet.
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Trois bouts de fil de fer, une pince à linge, quelques centimètres de ficelle et naissent un chien, Joséphine Baker, un acrobate ou un poisson rouge dans son bocal: les premières sculptures de Calder, célèbre pour ses "mobiles", font l'objet d'une exposition réjouissante au Centre Pompidou à Paris.

La "véritable carrière d'Alexander Calder (1898-1976) a commencé à Paris", dit Brigitte Léal, commissaire d'une grande exposition que le Centre Pompidou consacre aux "années parisiennes" du sculpteur américain entre 1926 et 1933.

Quelque 300 œuvres - sculptures, dessins, photographies et films - sont exposées jusqu'au 20 juillet dont "Le cirque Calder", un ensemble de figurines mi-sculptures mi-jouets, qui n'a jamais été prêté depuis son acquisition en 1982 par le Whitney Museum of American Art de New York.

Quand il arrive à Paris en 1926, le jeune Calder, fils et petit-fils de sculpteurs, lui-même illustrateur de presse, commence à réaliser des nus académiques dans une école de dessin.

Il habite Montparnasse où l'art bouillonne, où le café du Dôme est "le centre de l'univers", dit la commissaire, rencontre Man Ray, Kiki de Montparnasse, se lie d'amitié avec Joan Miro.



Rejetant les matériaux traditionnels de la sculpture, il a "l'idée de génie d'utiliser le câble pour créer l'antithèse de la sculpture, des silhouettes vides, légères, qui bougent dans l'espace", ajoute Mme Léal.

Il crée alors "le cirque" et ses dizaines de figurines d'une quinzaine de cm, faites de chiffon et de fil, quelquefois animées par des mécanismes que le sculpteur, ingénieur de formation, invente.

Des représentations sont données, avec "le peintre Foujita qui joue du tambour et change les disques du phonographe". L'exposition en montre des photographies, prises par André Kertesz, ainsi qu'un film réalisé plus tardivement en 1955.

Ses premières critiques de presse viennent de journalistes spécialistes de cirque, "mais pour Calder, c'est de la sculpture en mouvement", ajoute la commissaire.

"Grâce à ce spectacle, il va connaître les artistes du tout Paris", dit Mme Léal. Et il les croque à sa manière, avec quelques dizaines de cm de fil de fer qu'il pince, tord, chauffe, dessinant en quelque minutes le visage de ses amis.

On le surnomme alors le +Daumier du fil de fer+. Il crée des silhouettes de joueuses de tennis, d'acrobates en représentation, d'animaux, d'une légèreté aérienne, tout comme une série de Joséphine Baker, vedette de la Revue nègre.


Au début des années 30, il rencontre le peintre abstrait Piet Mondrian, dont le travail le "bouleverse". "J'ai pensé à ce moment-là comme ce serait bien si tout cela bougeait", dit-il.

La seconde partie de l'exposition montre les créations abstraites de Calder, qui évolue alors vers l'abstraction géométrique, composées de cercles, de tiges, de sphères.

Il invente alors la sculpture cinétique et les "mobiles", dont le nom sera inventé par Marcel Duchamp.

En parallèle, le Centre Pompidou organise une exposition-atelier dans la Galerie des enfants, où le travail de l'artiste est expliqué grâce au thème du cirque.


Tous les jours sauf le mardi de 11h00 à 21h00

  • Tarifs : 10 à 12€, tarifs réduits : de 8 à 9€
  • Catalogue Editions du Centre Pompidou/Whitney Museum of American Art, New York, 420 pages, 39,90 €
Source : AFP