Lang Toi, mon village
Une création interculturelle au musée du quai Branly à l'affiche jusqu'au 27 juin prochain.

On ne saurait trouver lieu plus adéquate pour accueillir le spectacle du Nouveau Cirque du Vietnam que le théâtre du Musée du Quai Branly à Paris.
Il s’agit du premier spectacle de "nouveau cirque" de l’Ecole du Cirque National de Hanoï. Dans leurs notes d’intentions, Nhat Ly Nguyen, Lan Maurice Nguyen et Le Tuan Anh, les concepteurs du spectacle indiquent que la richesse et la diversité du patrimoine culturel vietnamien ont été la véritable source d’inspiration et dès l’ouverture du rideau c’est une évidence.





Le décor très astucieux sur plusieurs niveaux et les éclairages magnifiques dans des tons ocres et caramel permanents savent créer une ambiance et parfois même jusqu'à une impression d’humidité, de moiteur et de nonchalance propre à certains paysages d’extrême orient.
C’est un vrai spectacle ethnique auquel nous assistons, par les costumes, la musique pentatonique (le spectacle est entièrement accompagné par des musiciens), les objets de la vie quotidienne, les instruments de musique eux même que le spectateur découvre en scène et par bien sûr, la présence permanent du bambou. Le bambou est partout : pour construire des décors éphémères qui se font et se défont par un subtil jeu de cordes et de croisements, comme barre russe, comme agrès et même en lieu et place d’un fil pour les funambules.
Visuellement et scéniquement c’est une réussite et c’est un réel plaisir de découvrir la vie de ce petit village et de ses personnages attachants.



Le spectateur circassien lui, restera sur sa faim. Il manque à ce joli spectacle, ce qui fait l’essence même du cirque : l’exploit. Inutile de chercher un point de repère avec le Cirque chinois ou coréen dans la démonstration de l’Ecole du Cirque national de Hanoï. Nous sommes ici dans l’un des travers du cirque dit "nouveau", on ébauche un numéro, on esquisse un exercice, on effleure une difficulté mais jamais on ne termine une figure, jamais on enchaine les difficultés, jamais on ne fait rêver.
Hormis un équilibre de tête sur un bambou, et un impressionnant grand écart sur les têtes de porteurs funambules à plusieurs mètres de hauteur, on reste techniquement en deçà des attentes d’un spectacle de cirque. Du numéro de sangles à la perche aérienne (qui reste désespérément à terre) au jonglage de groupe, au mains à mains en passant par le duo d’équilibres (pourtant l’idée des deux hauteurs différentes de supports à la base est bonne) à aucun moment le travail n’est complet et le spectateur scotché sur son siège, dommage.





Le moment de grâce est inattendu, il s’agit du "jongleur percussionniste" qui avec des objets du quotidien et deux partenaires réussit à jour de véritables mélodies en jonglant et frappant ses objets en mouvement avec un bonne dose d’humour.
C’est une belle soirée pour découvrir la culture vietnamienne et ses traditions avec une troupe sympathique et bon-enfant qui au final fait voyager le spectateur sans prétention dans un monde lointain et dans un petit village tellement humain.

Spectacle vu le 19 juin 2009
photos : Phuong Nguyen pour Interarts
Source : Luc Barat




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