Fin d'année au cirque: Plume



Le vrai début c'est dans nos têtes, chacun la sienne, nos rêves insensés, nos refus, nos refuges. Qu'allons-nous faire de nos rêves, nos utopies ? La fête !......
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Tout commence à Besançon cinq ans avant la naissance du Cirque Plume, par la rencontre de quatre des fondateurs toujours présents de la compagnie, par une envie de saltimbanque et d'art du cirque, impulsée par "L'atelier du marché" et par un apprentissage des techniques du jonglage dans un livre pour enfants.

En 1980, tous ceux qui vont créer le Cirque Plume participent au sein de diverses compagnies à "La falaise des fous", mythique festival jurassien fondateur du renouveau des arts de la rue.

Puis nous créons des spectacles de rue, mélangeant déjà la musique aux techniques de cirque, au boniment, au théâtre, à la danse, que nous donnons dans les fêtes rurales, les rues des villes et les petits théâtres. La manche en été, sur les places publiques, complète notre économie modeste et remplit nos têtes du romantisme nomade de la Strada, du Capitaine Fracasse et autres hercules sur la place.


En 1983, nous nous appelons alors "Fanfare Léa Traction", "La Gamelle aux étoiles", et "Le magicien de balle". Nous répétons dans une grange à Chay (25) et dans les couloirs d'une MJC à Besançon-Palente. En décembre, nous créons sous le chapiteau du "Théâtre des manches à balais" à Besançon "Amour, jonglage et falbalas", un spectacle réunissant tous nos acquis et nos savoir-faire.

Nous venons d'ouvrir les coffres et les malles du cirque. A l'intérieur repose un trésor.



L'année 84 débute par une réunion, où Bernard Kudlak propose de créer un cirque, un projet qui réunirait l’esprit de la fête, la politique, le rêve, les anges vagabonds, le voyage, la poésie, la musique, les corps, dans une envie fraternelle, non violente et populaire. Le Cirque Plume.

Une ébauche de tournée existe déjà. Notre spectacle est fragile, amateur, innocent. La moitié de la troupe travaille "à côté", l'autre ne fait "que ça".
Nous avons rapidement besoin de nous lier aux "vrais circassiens"et embauchons des artistes extérieurs au groupe fondateur.

Nous achetons un matériel à faire cauchemarder une commission de sécurité. On peint, on colle, on soude, on cloue, on rêve tout debout, on s’entraîne un peu, pas assez.

Nous devenons producteurs, monteurs, chauffeurs, afficheurs, administrateurs, chercheurs de subvention, animateurs, profs de cirque, éclairagistes, metteurs en scène, musiciens, artistes de cirque. Pour la cuisine, nous établissons des tours de rôle. Deux enfants en bas âge et quelques chiens sont de la tournée.

Première sortie du convoi : au retour, la remorque du chapiteau est immobilisée, interdite de rouler. Nous en commandons une neuve, et notre premier poids-lourd.


Le Cirque Plume, alors, ne se distingue pas des petits cirques itinérants, sinon que nous avons l’air beaucoup plus misérable, avec notre chapiteau pourri mal monté, nos caravanes "Nottin", et nos "Tubes" Citroën trois vitesses - rallongés - rehaussés, repeints en bleu du ciel quand il apparaît à l’horizon entre deux nuages blancs. Comme pour les manouches, à chaque village derrière le convoi bleu pâle, suit une camionnette bleu foncé, dont les occupants tentent de contrôler nos identités. Belles palabres !

En 86, le festival "off" d’Avignon consacre notre entrée dans le cercle des compagnies professionnelles reconnues.

Deux ans après, à ce même festival, nous faisons monter pour la première fois notre chapiteau par une équipe spécialisée : nous restons dans les caravanes morts de honte, à guetter par les fenêtres, encombrés de nos bras vides et nos têtes tournant trop vite. Ca nous passera !

Plus tard, ailleurs, les huit associés décident que chacun ferait le travail pour lequel il est le plus compétent. Ca n’a l’air de rien, mais c’est une révolution.

Au cours de cette période, nous achetons successivement quatre chapiteaux, trois gradins et pas mal de véhicules. Pour le spectacle, nous sommes devenus autonomes en son et en lumière.

Nous montons de nouveaux numéros, nous soignons la mise en scène et les costumes. Tout le monde est "pro" maintenant et nous commençons à nous payer régulièrement.


Déjà, un nouveau spectacle nous tend ses bras...

"L'atelier du peintre" du Cirque Plume, c'est un lieu réel, un lieu imaginaire, c'est le lieu de la création artistique.

Les artistes entrent dans l'atelier, s'emparent des outils du peintre, ils s'approprient ses gestes et les passent au crible de leur art également millénaire : acrobates, jongleurs, clowns... et musiciens - jouant une partition originale du Maestro Robert Miny nous emmènent sous leur toile et nous prennent dans leurs toiles.


Le peintre et ces artistes ont en commun le geste à la fois travaillé et spontané.

Alors la rencontre opère, ils nous font partager cet acte intime sans cesse renouvelé, né dans la nuit des temps et mystérieux à jamais : Peindre.

Le spectacle du Cirque Plume est un spectacle vivant. Il est joyeux, coloré, profond, poétique, sale, brouillon, précis, il est comme la vie.


jusqu'au 20 décembre 2009 à Paris
Sous chapiteau au Parc de la Villette
Informations/réservations : +1 40 03 75 75

Représentations:
Les mercredis, vendredis et samedis à 20h30
Les jeudis à 19h30
Les dimanches à 15h
Relâche les lundis et mardis


Source : Cirque Paris