L'article du jour : C'était un 04 août 1998
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Nous sommes le 04 août 1998 :

Les jeunes de Suresnes sur la piste aux étoiles

Les jeunes de Suresnes sur la piste aux étoiles
Expérience inédite cet été pour une cinquantaine de jeunes de Suresnes. Par groupes de six ou sept, ils se succèdent dans la caravane du cirque Pinder-Jean Richard, découvrant ainsi de l´intérieur un univers magique.

LES effluves de pop-corn ont envahi le chapiteau bien avant l´entrée des premiers spectateurs. A La Turballe (Loire-Atlantique), la première représentation du cirque Pinder-Jean Richard est programmée à 18 heures. Dans un quart d´heure. Nadia, Amélie, Sofiane et Heidy, un clown plus vrai que nature, ont revêtu leur tenue de scène. Tout à l´heure, ils vont remettre les cadeaux que Monsieur Loyal fait gagner à des enfants avant la représentation. Mais ce soir le petit clown et les autres n´ont pas trop le coeur à rire. Le mauvais temps qui règne sur la région nantaise n´y est pour rien. Comme leurs amis Sarah et Malek, ils s´apprêtent à tirer leur révérence dès le lendemain, mercredi. Après avoir partagé pendant une semaine la vie palpitante du cirque en tournée sur la côté océane, les six jeunes Suresnois, âgés de 13 à 16 ans, vont rentrer chez eux. " Dire que j´étais venu en croyant faire seulement de la plage... " Perruque et nez rouge, le petit clown ne regrette pas de s´être trompé sur le sens de sa présence au coeur du cirque Pinder. Heidy, gamin remuant et joyeux, a su se faire adopter par sa " famille " d´accueil. Angélo, le jongleur bulgare, lui a appris quelques rudiments de son art. Néri, vrai clown et étonnant magicien portugais, lui parle comme à un ami de longue date. Les trapézistes volants font son admiration. " L´un d´eux a fait une chute il y a quelques jours, dit-il, se blessant gravement à la cheville. " La ménagerie, Heidy adore. " Jacob, c´est le roi ", annonce-t-il en désignant le plus vieux tigre, qui somnole avec ses congénères en attendant de dévorer les carcasses de viande. La paisible Amélie, alias " la Timide ", préfère donner du pain aux chevaux du zoo. " Le cheval est, avec l´écureuil, mon animal favori. J´ai appris à le connaître ici. Après des vacances en Provence avec mes parents, je me mettrai à l´équitation dès la rentrée. " Durant la semaine qu´ils viennent de passer avec Pinder, les jeunes Suresnois ont découvert le cirque de l´intérieur, vivant au rythme de la caravane rouge et jaune. " C´est dur, mais on a découvert plein de choses, reconnaît Malik, 12 ans. Rien à voir avec les séjours de vacances que la ville organise traditionnellement pour les jeunes. " " Ce n´est jamais pareil " " Le cirque, ce n´est pas seulement le strass et les paillettes, souligne Sophie, dresseuse d´éléphants d´Asie et fille de Gilbert Edelstein, le patron de Pinder. C´est la vie en communauté, l´entraide, le respect mutuel. Pour les gamins que nous accueillons par petits groupes, c´est une école de la vie. Il faut se lever tôt le matin et se coucher tard. " Néri, le clown-magicien confirme : " Peu nombreux, les jeunes s´intègrent bien. Même s´ils sont surtout observateurs, ils découvrent la somme de travail déployée tant par les artistes que par les ouvriers et les techniciens. " Quant au spectacle quotidien, il ne lasse pas les jeunes hôtes du cirque. " Ce n´est jamais tout à fait pareil, assure Sofiane, assis dans une loge du premier rang. Il a toujours une touche d´improvisation, et parfois même un geste manqué. Moi qui, faute de moyens, n´avais jamais mis les pieds dans un grand cirque, je suis enthousiasmé. " Les copains et copines de Sofiane approuvent. C´est si vrai qu´en août la plupart de ces jeunes souhaitent retrouver le cirque Pinder sur la route des Pyrénées-Atlantiques. Si l´on en croit le malicieux Heidy, il aurait déjà posé des jalons avec Néri pour tenir le rôle du fantôme dans son numéro de clowns. LA TURBALLE, CIRQUE PINDER, LE 28 JUILLET. En compagnie de Sophie, dresseuse d´éléphants et fille de Gilbert Edelstein, patron de Pinder, les enfants de Suresnes ont appris à vivre au milieu des 120 membres de la caravane pendant une semaine.
Gérard SEGUI
Source : www.leparisien.fr