L'article du jour : C'était un 23 juillet 1998
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Nous sommes le 23 juillet 1998 :

Les puces du cirque Cardoso vous feront sauter de joie

Les puces du cirque Cardoso vous feront sauter de joie

UNIQUE au monde ! le cirque de puces du professeur Maria Fernanda Cardoso est invité jusqu´à vendredi sous le Tipi du Centre Pompidou. Un mythe renaît : tout le monde en a entendu parler d´un cirque de puces, mais jamais personne, ou presque, n´en a vu. Justement, Maria Fernanda Cardoso voulait en voir un. Alors, elle l´a créé. " Un cirque de puces, c´est beaucoup, beaucoup de travail. Un défi incroyable, presque impossible " lâche dans un sourire craquant cette ravissante Colombienne de trente-quatre ans, sculpteur diplômée de Yale, assez gonflée pour lâcher en 1992 ses oeuvres et se consacrer au dressage des puces ! Comment lui en est venue l´idée ? " Depuis toujours, je me suis interessée aux relations entre l´homme et l´animal. Dans mes installations (NDLR : des sculptures qu´elle exhibait dans des happenings aux Etats-Unis, en Amérique du Sud, en Europe), j´ai toujours mêlé des animaux ­ mouches, grenouilles, lézards ou poissons de mer ­ à des matériaux inhabituels comme l´eau ou certains végétaux. " Son envie de voir un cirque de puces la démange : la voilà convertie en rat de bibliothèque pour tout savoir sur les puces. Aujourd´hui, elle sait tout sur la question : que ces petites bêtes se reproduisent en trois semaines, ont en moyenne une durée de vie de trois mois et vivent en groupe sur des êtres qui ont le sang chaud. " Nous nous aimons " Il a fallu ensuite enchainer sur deux ans de recherches pour tout connaître sur les cirques de puces. Et, surprise, découvrir, notamment dans le livre de Bertoloto qui avait un cirque de puces en 1830, qu´il y a des secrets, beaucoup de secrets cachés entre les lignes ! Alors Maria Fernanda Cardoso s´expérimente. " J´ai commencé avec huit numéros, aujourd´hui j´en ai quatorze " avoue-t-elle sans fanfaronnade mais fière de préciser que les fildeféristes marchent sur le fil avec un balancier, qu´elle a inventé un numéro de trapèze, une scène de combat... Les mille deux cents puces nécessaires à sa prestation parisienne viennent d´un laboratoire de Toulouse : elles ont voyagé en avion dans plusieurs petits conteneurs noirs et humides. " Je fais travailler une trentaine de puces par représentation. Mais il en faut des tout à fait prêtes, des presque prêtes et des élèves. Je ne fais travailler que les femelles, plus jolies, couleur caramel, et plus fortes que les mâles qui ne servent qu´à la reproduction. Il faut au moins six heures de travail pendant cinq jours pour qu´une puce marche sur ses deux pattes arrière. Ce qui est une base, mais il y en a de meilleures que d´autres. Je leur parle, elles reconnaissent ma voix. Nous nous aimons ! " Et toute émue, Maria-Fernanda raconte que Fernando était une acrobate émérite. Pendant toute la saison dernière, jamais elle n´avait manqué son saut de la mort. Quand elle s´est éteinte, elle a demandé aux autres " artistes " une minute de silence. Et personne n´a bronché ! " Cirque de puces Cardoso " sous le Tipi du Centre Pompidou, place Georges-Pompidou, Paris IVe - 21 heures et 22 heures jusqu´à vendredi 24 juillet - Entrée 50 F, placement libre. Tél. : 01.44.94.98.00. 21 JUILLET 1998. Maria-Fernanda a toujours eu la passion entre êtres humains et animaux.

Agnès DALBARD

Source : www.leparisien.fr




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