Les femmes font leur cirque
D’une sensualité triomphante, d’un mystère souriant, du glamour naturel, du caractère tout en douceur… Elles sont six. Six à apporter sans complexe ni hésitation leur touche de féminité au monde du cirque...

D’une sensualité triomphante, d’un mystère souriant, du glamour naturel, du caractère tout en douceur… Elles sont six. Six à apporter sans complexe ni hésitation leur touche de féminité au monde du cirque que l’on perçoit souvent comme macho. Louisa, Rosa, Kerry, Steacy, Emily et Niedzjela appartiennent à la troupe espagnole du Cirque Raluy installé sur l’île depuis le mois de juillet. Rencontre avec des femmes saltimbanque.


"Dites-moi dans quel métier on peut voyager, avoir des amis, rester en famille, garder la forme, donner de la joie au public, porter des costumes sublimes et être artiste ? Franchement on n’a pas le temps de s’ennuyer." Le regard de Louisa s’illumine. Même si elle apprécie se retrouver dans sa maison en Espagne, la jeune femme aime sa roulotte, son chapiteau, ses voyages. "Franchement si je devais arrêter le cirque, je ne sais vraiment pas ce que je ferais ! Je trouve que notre métier est très gratifiant." L’Argentine, l’Europe et bien sûr La Réunion font partie des destinations préférées de la troupe espagnole du Cirque Raluy. "Nous avons plein d’amis ici sur l’île, moi ça fait trois ou quatre fois que je viens à La Réunion, explique Rosita. J’avais 11 ans, l’âge de mes filles quand je suis venue pour la première fois." Depuis 1960, le cirque emmené par Carlos et Luis Raluy débarque régulièrement sur l’île pour les vacances. Cela faisait trois années que le public n’avait pas vu le chapiteau rouge et blanc entouré des roulottes. "On a une affection particulière avec les Réunionnais, explique le maître des lieux Carlos Raluy qui se déplace avec une troupe d’une trentaine de personnes à chaque fois. On apprécie leur gentillesse, leur amitié. Ils savent que l’on vit comme toutes les familles du monde." A une exception près : le cirque, on l’a dans le sang.


"On préfère artiste du cirque"

"Mon père a un cirque en Italie. Mon frère William est marié avec Rosita Raluy, explique l’Italienne Steacy. Moi, je vais parfois faire des numéros dans d’autres cirques, mais cela fait seize années que je reviens toujours dans la troupe Raluy. Le cirque, je crois qu’on ne peut pas s’en empêcher. Mais je connais des membres de ma famille, qui n’ont jamais voulu faire de numéro, qui ont voulu quitter cette vie d’artistes ! " Le mot est lâché : artiste du cirque. Saltimbanque, gens du voyage… La majorité préfère quand même "artiste du cirque". Il crée leur numéro, s’entraîne et le propose à un public. "Quand on est toute petite, on joue à faire comme les grands, à faire leur numéro. On commence à s’entraîner et puis ça nous titille. On ne veut qu’une chose : être sur la piste", explique Rosita qui ne se voyait pas faire autre chose. Mes deux filles sont encore très jeunes. Elles s’entraînent un peu. Elles jouent." Et l’école dans tout ça ?


"En juillet et août, on est en vacances, précise Emily, 15 ans, qui fait un numéro sur monocycle avec sa sœur. Quand on est en Espagne, on va d’une école à l’autre. Et quand on est à l’étranger, on a les cours par correspondance envoyés par le ministère." Rien ne leur manque sauf peut-être des amis. "C’est assez dur de se faire des amis car on change souvent d’école. C’est un peu l’inconvénient. Mais on s’habitue. L’avantage est quand on retrouve ses amis l’année suivante ou deux années plus tard." Encore quelques jours de repos, du moins sans cours puisque la jeune fille fait tout de même ses trois représentations par jour, avant de retrouver les bancs de l’école. "Comme n’importe quelle famille, on aime quitter notre maison, mais on apprécie rentrer chez soi, souligne Louisa. On va rentrer en Espagne, on va préparer les nouveaux numéros pour le spectacle de 2011 que l’on va présenter d’abord à Barcelone pendant la tournée de Noël." Chaque année, le cirque Raluy passe les fêtes de fin d’année à Barcelone, dans leur ville natale, en famille, proche de leurs amis. Finalement comme toutes les familles du monde.

Jusqu’au 12 septembre à Saint-Paul, sur la Chaussée Royale, près de l’ancienne gare routière. Représentations les samedis, dimanches et mercredis à 14h30, 17h30 et 19h30, les autres jours à 18h. Renseignements et réservation au 0692 594 171. Pour les groupes et comités d’entreprise 0692 594 188. Vente de billets tous les jours à partir de 9h sur place.

Véronique Tournier
Source : Femme Magazine