Joseph Gorgoni, ma vie de cirque (1/2)
Marie-Thérèse Porchet allume de sa présence acide le Cirque Knie pour la troisième fois. Le sacre s’est déroulé à Rapperswil, le 26 mars dernier. Ce soir-là, dans son fief saint-gallois, le Cirque Knie, étrenne sa cuvée 2010...

Marie-Thérèse Porchet allume de sa présence acide le Cirque Knie pour la troisième fois. Mais cette année, la célèbre commère a conquis la Suisse entière en jouant en suisse-allemand.

Le sacre s’est déroulé à Rapperswil, le 26 mars dernier. Ce soir-là, dans son fief saint-gallois, le Cirque Knie, institution nationale qui annonce fièrement sa huitième génération, étrenne sa cuvée 2010. Une belle édition que Marie-Thérèse Porchet ponctue de six interventions comiques dans un suisse-allemand parfait. Si parfait d’ailleurs que les sujets venus saluer leur nouvelle souveraine après la représentation restent stupéfaits : Joseph Gorgoni, l’homme par qui Marie-Thérèse vit, ne parle ni le suisse-allemand, ni même l’allemand. Le texte qui raconte l’avènement de la reine de la Suisse et qu’il a déroulé sans accroc tout au long de la tournée alémanique, il l’a appris phrase après phrase, comme on mémorise un livret.

Cette assiduité dit beaucoup de l’artiste, 44 ans, né à Genève de père italien et de mère neuchâteloise avec lequel, ce mardi de bise glaciale, on suit une représentation genevoise depuis les coulisses. Knie côté pile ? Un ballet huilé d’humains et d’animaux à paillettes. Aucune agitation, mais des apparitions. ­Voltigeurs séduisants, clown pensif, Schtroumpf égaré… "J’adore le registre grand public, s’enthousiasme Joseph Gorgoni. Mon idole était et reste Claude François ! Les Clodettes, ça me connaît."


C’est en 1993, toujours dans la Revue genevoise, qu’il crée Marie-Thérèse Porchet née Bertholet. Depuis, rien ne résiste à l’ex-Miss Gland, conseillère en Tupperware. Knie, l’Expo 02, l’Eurofoot de 2008… La blonde à la voix stridente, au tailleur ajusté et au regard survolté ne rate aucun rendez-vous populaire. Joseph Gorgoni a le sens des défis.

Après sa première participation à la tournée romande du Cirque Knie en 2001 où il dressait un chat et pointait dans la foule les places bon marché (ambiance !), il revient en 2003 ajoutant l’italien – langue qu’il parle couramment – dans son plan de tournée. Et puis, le grand saut, cette année : un total Knie, soit neuf mois de transhumance dont les six premiers en berndütsch.

"Avec Pierre Nafutle, on se prépare depuis trois ans. Un rendez-vous comme Knie, institution canonique en Suisse alémanique, ça ne se rate pas", assène le comédien. Il tente d’être solennel, mais l’exercice est difficile lorsqu’on porte un tailleur à imprimé tigré et épaulettes dorées. "Pour savoir si j’étais capable de maîtriser le suisse-allemand sur scène, on a d’abord créé un spectacle, Uf dütsch! qui racontait la captivité de Marie-Thérèse en terres alémaniques…" Toujours cette idée de la confrontation entre les régions. Joseph apprend par cœur le solo traduit par Toni Caradonna et, de Berne à Zurich, le spectacle est un succès. Les excès de la mamie ulcérée passent aussi très bien de l’autre côté de la Sarine. "Le public alémanique est plus naïf, plus chaleureux, observe Joseph. A Berne, par exemple, les spectateurs tapaient des pieds aux saluts du solo comme s’ils se trouvaient au cirque. Il y a moins de quant à soi que dans le public genevois." "A Genève, il n’y a pas que la bise qui soit glaciale", renchérit Pierre Naftule, devant la loge-roulotte de Gorgoni, la veste polaire zippée jusqu’au menton. "Quel que soit le spectacle, solo de Marie-Thérèse ou cirque, lorsqu’un Genevois exulte, ça reste très froid."

(à suivre)
Source : Le Temps.ch




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