Marie- Thérèse Porchet n'économise pas son énergie chez Knie...
Dame Porchet chez Knie, "fascination" garantie

Le spectacle 2010 du cirque national est une édition pétillante, grâce notamment à un Joseph Gorgoni prêt à toutes les acrobaties.


"Le suisse allemand me fait rire. J'ai appris le schwyzerdütsch comme une musique" raconte Joseph Gorgoni qui endosse le costume de Marie-Thérèse Porchet pour la troisième année au cirque Knie.

L'artiste assure un vrai show drôle et dynamique. Il égratigne un peu les Suisses alémaniques quand il joue dans la partie alémanique du pays, et beaucoup quand c'est en Romandie, danse, chante, fait des acrobaties sur un cheval... Bref, c'est l'une des perles de ce spectacle 2010 du cirque Knie.



Le Genevois a même réussi l'exploit de se produire durant toute la tournée.

Marie-Thérèse Porchet née Bertholet a pu lever la jambe sans souci au-dessus de la barrière de röstis. Et quand elle hurle «I feel good» dans le micro, les spectateurs aussi, se sentent bien. Très bien même.


Dans les coulisses, après plus de deux heures de spectacle, Joseph Gorgoni est épuisé, mais heureux.

"Le rythme au cirque est impressionnant. On joue jusqu'à trois fois par jour... C'est surtout la peau de mon visage qui en prend un coup avec le maquillage"

Alors qu'il se produit pour la troisième année au Knie, le comédien souligne que, paradoxalement, cela n'avait jamais été l'un de ses rêves.
"J'allais au cirque quelque fois quand j'étais petit, mais je n'avais pas une fascination pour ce monde."

Cette année est cependant particulière pour l'artiste car il effectue toute la tournée suisse.


"Cela nous a permis aussi de créer des sketches autour des différentes régions tant alémaniques que romandes et tessinoise.

" Pour les interventions en schwyzerdütsch, Joseph Gorgoni a tout appris par coeur".

J'avais pris des cours d'allemand, mais ça ne m'a servi à rien. J'ai travaillé avec Toni Caradonna, mon coach et adaptateur linguistique. Le plus drôle, c'est que les gens me parlent en schwyzerdüstch après le spectacle, alors que je ne comprends rien"


Joseph Gorgoni n'a jamais eu de problème avec la Suisse alémanique, affirme-t-il. Sa tournée avec Knie en terre alémanique n'a donc pas changé sa vision des personnes domiciliées de l'autre côté de la barrière de röstis.

"En fait, j'ai découvert que c'est un public davantage premier degré que nous et beaucoup moins moqueur"


Cette tournée 2010 lui aura aussi permis d'accroître sa popularité de l'autre côté de la Sarine. Et de repartir ensuite sur les routes alémaniques avec son propre spectacle «Uf Düütsch» créé en 2007.

Peur des chevaux

En attendant, l'homme ne s'économise pas sur la piste, il enchaîne les prouesses vocales et physiques. On voit par exemple une Marie-Thérèse Porchet en blazer et jupe tentant de maîtriser un cheval au galop et levant la jambe tout en étant assise sur la selle.

"Cela n'a pas été évident pour moi de monter sur un cheval, car j'ai peur de ces animaux. Mais avec celui-là, ça va, il est très gentil et je sais comment le tenir. Comme j'ai été danseur, j'arrive aussi à faire des exercices sans trop de problème"


A un moment donné, c'est Marie-Thérèse Porchet elle-même qui sera dressée par Enrico Caroli, le célèbre Monsieur Loyal de Knie. Sans succès. La dame est rebelle. Mais pour devenir la reine de Suisse, la Königin (prononcez «Kreuniginne») est prête à faire des concessions. Et ne ménage pas son énergie.


Sous le maquillage de Marie-Thérèse, Joseph Gorgoni tient bien le coup.

"C'est très physique, le cirque. Il y a des représentations tous les jours, de mars à novembre. 360 représentations en tout! Mais je m'amuse bien. L'ambiance est très bonne" conclut-il en caressant le chien de Marie-Josée Knie.
Source : Le Nouvelliste Ch - Christine Savioz