Zavatta fils fait le clown à Ruffec
Willie Zavatta, fils du célébrissime Achille, parraine le 7e Ruffectival. De vendredi à dimanche à Ruffec. Rencontre avec un homme de cirque...

Il est le fils cadet d'Achille Zavatta, le célébrissime clown qui fit rire aux larmes plusieurs générations avant de s'éteindre il y a près de vingt ans. Après le comédien Paul de la Personne, la chanteuse Lio et l'humoriste Gérald Dahan, Willie Zavatta a accepté de parrainer à son tour Ruffectival, le festival de l'humour et du rêve de Ruffec, dont la septième édition se déroule vendredi, samedi et dimanche à La Canopée.

Gilles Labarde, le chef d'orchestre de cette manifestation populaire, est passé par un ami commun pour approcher l'homme au nom prestigieux. A 67 ans, Willie Zavatta ne gère plus le cirque qui porte encore son nom mais court la France en solo pour des galas où il fait le clown, comme papa.

Achille Zavatta


Vous avez accepté de parrainer Ruffectival, qu'est-ce qui vous a motivé ?

Willie Zavatta. Quand mon impresario, me l'a proposé, j'ai accepté avec plaisir. Régulièrement, je suis convié dans des festivals de cirque. Ca me permet de voir de bons spectacles, de retrouver des amis que j'avais perdus de vue. On a peu l'occasion, dans ce métier où chacun fait ses tournées dans son coin, de se retrouver. A Ruffec, je suis membre du jury, je vais rester trois jours.

i>Votre père, Achille, a porté très haut les couleurs du cirque. Zavatta reste encore un nom porteur ?

Oui, ça reste un nom très porteur même si mon père est mort depuis longtemps. Les gens me parlent toujours d'Achille. Même les enfants, qui ne l'ont pas connu de son vivant, c'est très curieux. En fait, avec mon frère, on avait monté un cirque avant notre père. Lui était un artiste vedette, et il a fondé son propre cirque très tard, à 65 ans. Le nôtre, Zavatta fils, tournait déjà depuis plusieurs années.

Achille, clown par hasard

On voit circuler des dizaines de cirque baptisés Zavatta x ou y. Comment s'y retrouver ?

Je dénonce tous ces cirques qui affichent le nom de Zavatta sans aucune autorisation. On en compte une bonne trentaine, et nous tentons de stopper tout cela car c'est un vrai scandale. Six ou sept seulement ont l'aval de la famille, avec un droit de regard sur le spectacle. Les autres sont souvent très mauvais, avec deux chèvres et un camion. On reçoit de nombreuses plaintes de spectateurs déçus. Ce n'est vraiment pas bon pour l'image du cirque.

Comment faire, alors, pour être assuré d'avoir un cirque "Zavatta" reconnu ?

On envisage de créer une liste des cirques autorisés à porter notre nom. Il faut que les gens soient vigilants. Si encore ces cirques illégaux faisaient de la qualité, mais c'est tellement mauvais. Nous tentons de mettre un terme à l'usurpation de notre nom avec des actions en justice, mais c'est compliqué car la plupart n'ont même pas d'adresse.

Willie Zavatta


Beaucoup de cirques connaissent des difficultés, y compris jadis celui d'Achille. Qu'est-ce qui vous pousse à continuer ?

Aujourd'hui, les cirques traditionnels ont le plus grand mal à vivre, sauf les très grandes familles comme Pinder ou Gruss. Il faut dire qu'on tourne sans vacances, en travaillant 15 ou 16 heures par jour. Ceux qui continuent ont vraiment du mérite. Ce qui motive, ce n'est pas l'argent, c'est la passion. On ne gagne rien, mais on fait ce que l'on aime.

Le cirque Willie Zavatta tourne toujours ? Oui, mais je n'en suis plus le gérant, j'ai pris ma retraite. Je continue de faire des galas mais je ne suis plus aux affaires. Mon frère et mon neveu tournent toujours, mais les petits-enfants sont moins intéressés, ils n'ont pas baigné comme nous dans le monde du cirque. Nous, on ne se posait pas de question. A 5 ans, j'ai enfilé le costume et j'ai appris, c'était naturel. Mon fils Warren a commencé avec nous au départ, et puis il est allé vers le one-man-show. Fin janvier, il sera à l'affiche du théâtre de la Gaité Montparnasse avec un spectacle humoristique sur le monde du cirque.

Quel plus beau souvenir conservez-vous d'Achille ?

Quand il faisait le spectacle. Il savait tout faire. Au départ, mon père était acrobate, trapéziste, trompettiste, mais pas clown. Il l'est devenu par hasard. Un jour, celui de la troupe n'est pas venu, le patron du cirque a demandé à mon père de le remplacer sur le champ. On connaît la suite. "La piste aux étoiles", grosse émission de l'époque à la télé, l'invitait régulièrement. Aujourd'hui, on ne voit plus de clowns à la télé, mon père n'a pas été remplacé.

Ruffectival à La Canopée. Vendredi à 20h30 avec Frédo et Bop et la troupe du Feu follet. Samedi à 20h30 avec huit artistes (cascades, humoriste, contorsionniste, jongleur, etc.). Dimanche à 15h avec la troupe burlesque Zigoto palace. Tarifs: 8€ vendredi et samedi, 13€ dimanche. Contact : 05.45.89.37.20.
Source : Charente Libre




Sébastien BERNARD - Collections - [email protected]
François DEHURTEVENT - Photographe - [email protected]
Jean-Pierre JERVA - Photographe / Galeries - [email protected]
Fabien LACROIX - Webmaster / Communication - [email protected]
Julien MOTTE - Newser / Agenda - [email protected]
Jean PEPIN - Newser / Petites annonces - [email protected]
Patrick PREVOST - Newser - [email protected]