Les conférences de presse du festival de Monte-Carlo
Pour beaucoup de passionnés, elles constituent un moment privilégié de rencontre avec les artistes du festival. Retrouvons le Docteur Frère pour cette dernière conférence de presse du dimanche...

Conférence de presse du dimanche 23 janvier


  • Royal Brothers, main à main

    Le Docteur Frère :

    Nous allons aujourd’hui vous présenter des artistes qui appartiennent aux familles de cirque. Ce sont les familles qui ont participé à sa création et qui continuent à le faire vivre dans son authenticité.

Ronny et Davis Dell Acqua avec Jean Pierre Doria, traducteur multilingue et attaché au Centre de Presse de la Principauté


Voici deux frères que vous avez pu applaudir vendredi soir et qui seront au spectacle cet après-midi, les Royal Bothers, Davis (le porteur) et Ronny (le voltigeur). Ils appartiennent à une famille italienne, les Dell Acqua et ont été formé à l’Accademia del circo, cette école de cirque que les familles de cirque italiennes ont créée et qui a fourni au cirque de merveilleux talents.

En voyant ce numéro, vous repenserez à celui des Alexis Brothers qui ont servi de modèles à ces deux artistes. Avec ce numéro, est-ce que vous envisagez de partir du cirque familial pour travailler seuls ?

Rony Dell Acqua:

Nous appartenons à une famille qui dirige le Cirque Royal en Italie. Après notre Lion d’Argent à Wuqiao en 2007, nous avons eu des propositions d’engagement à l’étranger et des contacts avec le Cirque du Soleil, mais nous avons préféré rentrer à la maison. Pour nous, le cirque de la famille est la première chose qui compte et nous n’avons pas l’ambition d’aller ailleurs. Ici, nous avons voulu faire honneur à l’Italie et au cirque italien. Nous avons tout appris à l’Accademia del Circo et nous savons aussi que si nous partions, nous manquerions considérablement à la famille.

Les Royal Brothers


Davis Dell Acqua :

Pour moi, la vie quotidienne du cirque est importante. Le matin quand je me lève, j’aime sentir l’odeur du cirque des animaux. J’aime répéter avec eux, les chevaux ou les chameaux en essayant d’imiter les grands que sont les Orfei, les Togni ou les Casartelli.
Je suis arrivé à l’Accademia del Circo à Verone, j’avais juste dix ans. C’était dur de quitter ma famille et son petit cirque qui étaient en Sicile mais le Président Egidio Palmiri a eu confiance en moi. Et puis mon frère Rony est arrivé et nous avons travaillé avec de bons professeurs comme Lucio Nicolodi ou Aguanito Merzari. En 1995, nous avons gagné un K d’Argent au Festival de La Première Rampe, ici à Monte-Carlo et je suis très heureux de m’y retrouver pour ce festival.

Voir la vidéo :



  • Bello Nock, clown

    Le Docteur Frère :

    On pourrait dire de lui qu’il a du talent jusqu’au bout de ses cheveux. Il appartient à une grande famille de funambules installée aux Etats-Unis. De 2001 à la fin de 2008, il fut la vedette du plus grand cirque du monde, le Ringling bros and Barnum and Bailey Circus. Bello Nock n’est pas seulement un grand clown, c’est un authentique acrobate, dans un cirque, il est capable de tout faire. En 2001, le magazine Time lui a décerné le titre de meilleur clown américain.

    Quels sont vos projets pour cette saison 2011 ?

    Bello Nock :

    Je vais seulement faire des galas et des show télévisés. Pour moi 2011 sera une année sabbatique car j’ai travaillé sans cesse depuis plus de 15 ans et je dois marquer une pause pour renouveler mes numéros et imaginer de nouvelles reprises.

    Une question que tout le monde se pose, comment faite vous tenir vos cheveux tout droits ?

    (Bello prend un tube de médicaments) Je vais vous livrer mon secret. Tout d’abord, je dois vous dire que mes cheveux font presque un pied de haut (Le pied est une unité de mesure américaine qui fait environ 30 cm. ndlr). Il montre un moulage représentant un pied (rires). Pour qu’ils se tiennent droits, je dois simplement me faire des shampoings avec ces pilules de Viagra et voilà le travail !

Le pied, étalon de mesure des cheveux de Bello et son " trick " final


Comment êtes-vous devenu clown ?

Chez nous, la transmission du savoir s’est faite en famille. Mon père était funambule Avec lui j’ai tout appris sauf le dressage des animaux. J’ai voulu savoir faire tout ce qu’un artiste sérieux doit être capable de faire. J’étais le plus jeune de quatre enfants. Mon talent de comique s’est révélé quand j’étais tout jeune, je me suis rendu compte que je faisais rire ma famille quand je tombais. Je faisais l’intéressant et ils riaient. Plus les gens riaient et plus je cherchais à provoquer leurs réactions et leurs rires en tombant et en faisant le pitre.

Bello Nock avec les vaches d’Alberto Althoff


Comment votre famille est-elle arrivée aux Etats-Unis ?

A l’origine, nous vivions en Suisse. Notre famille est une des plus vieilles familles de cirque et après la guerre ils étaient trop nombreux pour vivre sur le cirque familial. Mon grand-père (ndlr : Franz Robert Nock) avait eu 8 enfants. Pour améliorer leur condition, ils vendaient des sapins pour Noël. C’est à cette époque que mon père (ndlr: Eugen Nock) s’est mis à escalader les troncs et à faire des acrobaties au sommet pour amuser la famille. C’est comme cela qu’est né le numéro de mâts oscillants qu’ils présentaient en plein air devant le cirque ou sur les places publiques. En 1954, ils sont partis aux Etats-Unis et ont été les vedettes du Cirque Ringling. Leur gros truc consistait à passer d’un mât à l’autre en les faisant osciller de plus en plus jusqu’à se toucher. Mon père épousa Aurelia Canestrelli qui était danseuse chez Ringling. Je suis le plus jeune des quatre enfants (NDLR : Eugen est né en 1960, John en 1964, Michelangelo en 1965 et Bello le 27 septembre 1968) et le seul rouquin ! Une partie de ma famille (les filles de Franz Nock, mes petites cousines) continue à voyager en Suisse avec leur cirque.

Comment vous préparez-vous pour tenir physiquement lorsque vous devez assurer trois spectacles dans la journée comme c’est le cas chez Ringing ? Faites-vous des régimes particuliers ? Suivez-vous de séances de fitness ?

Vivre au cirque implique déjà un certain régime. Je dois m’occuper de ma vie quotidienne avec ma famille, de tout ce qui est matériel. Je ne fume pas, je ne bois pas et je ne me drogue pas. Ma drogue, ce sont les applaudissements qui me la procurent.

Un autre talent de Bello, la Roue de la Mort


Que préférez-vous : les grands espaces comme les arénas ou les petits chapiteaux ?

J’ai travaillé aussi bien en plein air que dans de très grandes salles mais c’est sous les chapiteaux que je me sens le plus à l’aise. Pour moi ce n’est pas le plus important, ce qui compte c’est le public. Si on regarde bien, il n’existe pas de bon ou de mauvais public, c’est d’abord à l’artiste de faire son boulot comme il faut pour que le public vienne – et paye sa place.

Vous savez, nous les artistes, nous apprécions beaucoup que vous vous intéressiez à ce que nous aimons, notre métier. Je profite pour remercier S.A.S. Le Prince et La Princesse qui organisent ce Festival et pour vous remercier, je vais faire un dernier trick pour vous.

(Il se passe la main dans les cheveux et les plaque en arrière, puis fait semblant de souffler très fort et lâche ses cheveux qui deviennent droits !!!) 

Voir les vidéos :







(à suivre)
Source : Christian Hamel