Il était une fois… le cirque Bellucci
Une quinzaine de spectacles au grand bonheur des familles
"Le cirque ? Quel merveilleux souvenir d'enfance". La maman de Ghita est tout aussi excitée que sa fille à l'idée de replonger le temps d'un spectacle offert par le cirque italien Bellucci en tournée dans plusieurs villes, dans le monde fabuleux et magique des trapézistes, des clowns et des magiciens. Sous le chapiteau dressé à quelques mètres de l'Office des Foires de Casablanca, des dizaines de familles prennent place.

Il reste encore quelques minutes avant le coup d'envoi. Les enfants trépignent d'impatience, les uns se gavant de barbe à papa et de pop corn, les autres agitant un gadget lumineux et les plus curieux, les plus courageux surtout, caressant un lionceau né au Maroc et qui se prête allègrement, comme une star, à un jeu de photos.

Le clown ouvre le bal et le public rit de bon cœur de ses gags. Nous sommes en plein dans l'ambiance du cirque. Derrière le rideau, des chevaux se tiennent prêts à entrer en scène sous la direction d'un des fils Bellucci. Bruits de sabots. Puis des tableaux dignes des grands artistes. «Le cheval obéit au monsieur et il fait tout ce qu'il lui demande», s'exclame une petite fille d'environ 4 ans et son papa enchaîne tout de suite : « Tu vois, c'est un bon cheval, il a mérité sa récompense». L'occasion de rappeler à son enfant qu'il faut être obéissant.

Finalement, le cirque ce n'est pas seulement ludique, c'est aussi un excellent espace éducatif. Les tout petits sont impressionnés de voir comment un chien peut exécuter avec beaucoup de talent des figures artistiques ou sportives. Ils posent des questions et souvent dans les réponses, les parents avisés essaient de transmettre un message.

Retour dans l'ambiance du cirque. Les clowns font leur numéro en attendant le prochain spectacle. Des éclats de rire retentissent sous le chapiteau. Les feintes maladresses des deux protagonistes sont comiques et les enfants adorent ça. Les plus grands aussi se surprennent à applaudir chaudement.

Les deux équipes de bouledogues qui s'affrontent sur un terrain de football aménagé sur scène, continue de surprendre le public. Ils courent après le ballon, cherchent à marquer des buts et «mouillent le maillot». Dès que çà s'enflamme, les arbitres n'hésitent pas à sortir le carton, mais les «joueurs» ne se laissent pas faire, ils s'en prennent à l'homme en noir et le bousculent. Ils ne sont pas très fair-play, alors ils sont renvoyés aux vestiaires. Place ensuite aux acrobates. Ces derniers rappellent les Hmad ou Moussa, mais la troupe qui investit la scène nous vient de Larache. A chaque escale dans une ville du monde, la direction du cirque Bellucci se fait un point d'honneur d'associer les enfants du pays.

Le choix s'est porté sur ces jeunes garçons terriblement talentueux venus du nord. Leur agilité est impressionnante. «Pourquoi font-ils des choses dangereuses» s'interroge un petit garçon ? Une nouvelle occasion de faire passer un message. Quand on travaille sérieusement, qu'on est passionnés et qu'on fait ce qu'on aime, on peut réussir des exercices qui peuvent paraître en effet dangereux, mais qui deviennent sans risque à force d'entraînements. Belle école, le cirque ! Ludovic, vice champion de France de MBX et directeur du cirque qui veille au grain confirme. Quelle dextérité ! Comment peut on tenir en équilibre avec une seule main sur le guidon d'un vélo et faire tourner la bécane aussi vite. Si on ajoute les figures sur la rampe, c'est impressionnant. Petit détail : le cycliste est bien protégé, casque, protège-tibias, coudières…la totale. Un clin d'œil à ceux, beaucoup moins talentueux, qui s'aventurent sur leurs deux roues sans protection.

Un cirque n'en est pas un sans les lions. Les fauves s'avancent et la force qui s'en dégage installe un silence, déchiré de temps en temps par le rugissement de ces bêtes qui ne sont pas si sauvages qu'on pourrait le croire. Elles obéissent au doigt et à l'œil à leur dresseur tout à fait à l'aise au milieu de ses lions, très disciplinés.

Le rideau baissera sur des tours de magie et le beau final qui réunira tous les artistes annonce la fin. On se dit au revoir et on repart avec le souvenir ravivé pour certains, la sensation de découverte pour d'autres, le cœur léger.
A la sortie, des enfants de condition modeste se contentent de rêver. Les associations, les écoles, le ministère de la jeunesse pourraient leur offrir des moments de bonheur. Peut être pas les loges à 150 dhs, mais une petite place dans les gradins à 40 dhs.

Casablanca jusqu'au 30 novembre
Marrakech début décembre
Fès et Meknès vers le mois de janvier
Les horaires
Mardi 20h30 ; 22h15
Mercredi 14h00 ; 20h30
Jeudi 20h30 ; 22h30
Vendredi 20h30 ; 22h15
Samedi14h00; 20h30 ; 22h15
Dimanche 11h30 ; 14h00 ; 20h30.

Une histoire d'amour
Le cirque c'est toujours une histoire de famille. Dans le cas des Bellucci, une famille dont les origines remontent à 1800, c'est aussi une belle histoire d'amour entre Armando voué à une carrière de médecin ou de pharmacien comme son père et Maria Lelli, dresseuse de chevaux qui travaillait alors dans un petit cirque. Le jeune Armando écoute son cœur et suit Maria. Il fonde le cirque et s'invente une nouvelle vie qui sera aussi celle de plusieurs générations. Des femmes, des hommes et des enfants ont le chapiteau pour toit et le monde comme adresse.

Le cirque qui s'est essayé à une formule aquatique avec des requins et des phoques, est vite revenu à ses premières amours : la formule traditionnelle, classique, avec des animaux dressés, des clowns et des tours de magie. Un cirque qui rappelle l'enfance.
Source : la matin.ma