Un grand jour pour le cirque au Royaume-Uni

Le département britannique de l’Environnement, de l’alimentation et des affaires rurales a annoncé son intention d'établir des réglementations concernant les animaux de cirque...

Le département britannique de l’Environnement, de l’alimentation et des affaires rurales (DEFRA) a annoncé hier son intention d'établir des réglementations concernant les animaux de cirque, rejetant ainsi une interdiction. Cette décision confirme le droit des cirques d'inclure des animaux dans leurs numéros.

La question de la position du gouvernement concernant les animaux “sauvages” a été soulevée à la Chambre des communes le 12 mai. Un représentant de DEFRA, le parlementaire Jim Paice, Ministre d'Etat pour l'agriculture et l'alimentation, a répondu qu'il n'y aurait pas d'interdiction des animaux dans les cirques au Royaume-Uni mais que le gouvernement imposerait des réglementations strictes.

Le Ministre Paice a fait remarquer à la Chambre que l'Autriche avait imposé une interdiction des animaux non-domestiques dans les cirques et que celle-ci avait été considérée illégale, ce qui risquait de se produire également au Royaume-Uni. La Secrétaire de l'environnement Caroline Spelman a confirmé dans une déclaration écrite aujourd'hui que "tous les cirques en Angleterre qui voudront avoir des animaux sauvages tels que des tigres, des lions et des éléphants dans leurs numéros devront prouver qu'ils respectent les plus hauts standards de bien-être animal pour chaque animal avant qu'on leur accorde un permis de détention pour ces animaux".


"C'est un grand jour pour le cirque classique, qui a vu le jour à Londres en 1768, avec la première présentation publique de chevaux, d'acrobates et de clowns sur une piste" a commenté Urs Pilz, Président de l'Association européenne du cirque (ECA). "Nous sommes d'accord qu'une interdiction au Royaume-Uni constituerait une violation de la loi européenne. La décision du gouvernement est également en adéquation avec les résultats d'une étude indépendante commandée par DEFRA, qui a conclu en 2007 qu'il n'existait pas de preuve scientifique pouvant justifier une interdiction des animaux de cirque, et en adéquation avec la résolution de 2005 du Parlement européen, qui reconnaît que le cirque, en ce compris les numéros avec des animaux, fait partie du patrimoine culturel européen".

"Cela fait des années que l'Association européenne du cirque (ECA) demande une réglementation des animaux de cirque au Royaume-Uni", a rappelé le directeur de l'ECA, Arie Oudenes. "Nous avons proposé un modèle de réglementation aux gouvernements d'Europe et nous les encourageons à mettre en place des réglementations, pas des interdictions".

Les autorités en charge du dossier en Ecosse et aux Pays-Bas ont déjà annoncé leur intention de réglementer et pas d'interdire. La France a récemment adopté une nouvelle loi concernant les animaux non-domestiques dans les établissements mobiles tels que les cirques. Le décret du 18 mars 2011 garde le système déjà en place de licence, qui accorde aux dresseurs, pour chaque espèce, des permis de travailler avec les animaux. La nouvelle loi donne une liste des espèces traditionnellement présentes dans les cirques sans problèmes particuliers, parmi lesquelles les lions, les tigres, les éléphants et les zèbres. Pour quelques espèces plus sensibles, comme les ours, les hippopotames et les girafes, les dresseurs doivent justifier de l’intérêt artistique d’une telle présentation et respecter les exigences détaillées pour leur détention.

La décision de DEFRA aura aussi des répercussion sur les nombreuses interdictions mises en place en Angleterre. En mars de cette année, la Cour d'appel a confirmé que la Ville de Luxembourg n'était pas habilitée à interdire des activités autorisées par la loi nationale. Des tribunaux aux Pays-Bas, en Allemagne et en Italie ont aussi annulé des interdictions locales, pour les mêmes motifs, et des villes en Angleterre, en Irlande du Nord, en Espagne et en République d'Irlande ont refusé d'imposer des interdictions car leur légalité posait question.

L'Association européenne du cirque (ECA) soutient résolument l'adoption d'une réglementation adéquate et appliquée avec rigueur pour les animaux de cirque. Elle prône également la création d'une législation cadre européenne sur le bien-être animal assortie d'indicateurs scientifiques en vue de promouvoir une réglementation harmonisée pour tous les animaux vivant en captivité.
Source : E c a