Festival Gare au Gorille
Marcher sur un fil en talons aiguilles, vous avez déjà essayé ? C’est sans ménagement que les deux aventurières de Hautes Pointures se fraieront un chemin parmi la foule, pour tenter de relever le défi avec panache...

Les Etoiles par la Compagnie Les Colporteurs


Marcher sur un fil en talons aiguilles, vous avez déjà essayé ?

C’est sans ménagement que les deux aventurières de Hautes Pointures se fraieront un chemin parmi la foule, pour tenter de relever le défi avec panache.

Avant de laisser place à la subtile sensualité d’un duo entre un homme et une femme (Tarina). Pour leurs contes funambulesques, Les Colporteurs ont inventé une structure inédite : l’Étoile, où s’entrecroisent des câbles de différentes hauteurs, permettant de tisser la trame d’histoires inédites… toujours sur le fil.


Entretien avec Agathe Olivier

À votre sens, que raconte déjà le fil en soi ?

Il peut raconter la fragilité d’une relation : tout seul sur un fil, l’acrobate maîtrise son équilibre. À deux, il faut être à l’écoute des déséquilibres et des rattrapes de l’autre, jouer avec sa fragilité… À notre sens, le fil est intéressant car il constitue une scène de spectacle en soi. Nous pouvons jouer sur plein de paramètres - les éclairages, les hauteurs, les directions... Par le passé, nous avons aussi mené des expériences d’apparition / disparition en dissimulant les plate formes derrière des pendrillons, ou encore des essais de sonorisation pour rendre le fil musical…

Comment est née cette Étoile ?

Elle a été inspirée par la scénographie du Fil sous la neige (2006), notre premier spectacle exclusivement constitué de fils. Nous avons travaillé sur des fils de différentes directions, différentes longueurs et hauteurs, pour y présenter des solos, duos, trios, même des septets ! Après ce spectacle, Antoine Rigot et l’architecte scénographe Patrick Vindimian ont continué à travailler sur cette forme d’Étoile pour améliorer sa stabilité technique et en faire une structure totalement autonome, autoportée et auto-tendue. Cette scénographie constitue une contrainte, en même temps qu’un terrain de jeu ! Nous avons mené des ateliers avec des fildeféristes, et nous avons créé dessus trois duos : Les Étoiles, petites formes funambulesques, sont en tournée depuis maintenant quatre ans. La structure accueille également Sur la route (création 2009), un spectacle de salle avec Antoine Rigot et Sanja Kosonen.

Le fil se présente à l’origine comme une discipline plutôt solitaire : l’Etoile instaure-t-elle une autre pratique ?

Avec Antoine, nous avons toujours travaillé la relation à deux sur le fil. C’est une technique à développer, qui réclame un travail de partenariat. Nous avons toujours envisagé le fil comme une circulation scénographique, sur laquelle les énergies peuvent se répondre. Dans Le Fil sous la neige, chaque acrobate a sa personnalité sur le fil, nous n’essayons pas de créer une unité chorégraphique, c’est ça qui est intéressant ! La pratique du fil est vraiment personnelle, elle dépend des acquis de chacun - gym, danse, yoga… La discipline requiert aussi beaucoup de concentration, le travail mental est presque plus fatigant que le travail physique !

Comment vous est venue l’idée de marcher sur le fil avec des talons aiguilles, comme vous le faites dans Hautes Pointures ?

J’avais eu une image en tête, et l’envie d’essayer : dans Amore Captus, le premier duo que nous avons créé avec Antoine en 1993, je faisais déjà une traversée sur le fil en talons.
C’est particulier, l’équilibre est différent et demande un travail de répétition, mais ces passages ne sont pas forcément les plus techniques : or les talons représentent un tel fantasme, chez les hommes comme chez les femmes, que l’image est forcément marquante !

Votre entrée est régie par une improvisation sans gêne qui crée des réactions dans le public !

L’improvisation est totalement différente d’un endroit à l’autre. J’aime bien travailler en extérieur, la rue réserve des surprises à chaque fois

! Propos recueillis par Julie Bordenave


Espace Phœnix Pleumeur-Bodou :

• Mercredi 1er juin - à 18h00, 18h30, 20h20, 20h50
• Jeudi 2 juin - à 18h00, 19h00, 21h15, 21h45

Source : Carré Magique